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Déclaration du Bureau de l’ASTS sur la recherche
La politique de recherche est l'affaire de tous les citoyens. La science et la technologie sont affaire de société. Alors que le gouvernement bouleverse le fonctionnement des universités et des centres de recherche par une série de décisions, et que se poursuit l'effondrement de la recherche dans les entreprises industrielles, l'ASTS est fondée à s'exprimer.
 
 
Jeudi 11 DéCembre 2008
 
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Brouzeng Paul
 
 
 
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La politique de recherche est l'affaire de tous les citoyens. La science et la technologie sont affaire de société. Alors que le gouvernement bouleverse le fonctionnement des universités et des centres de recherche par une série de décisions, et que se poursuit l'effondrement de la recherche dans les entreprises industrielles, l'ASTS est fondée à s'exprimer.

Le but de la recherche n'est pas, pour l'essentiel, ce qui lui est assigné comme fin par les traités européens, à savoir de fournir les bases de la compétitivité économique. La recherche scientifique répond à un besoin humain fondamental, la curiosité à l'égard du monde dont nous faisons partie. Elle alimente et se nourrit de la recherche technique et industrielle, qui traduit aujourd'hui cet autre caractère humain fondamental qui est l'inventivité. Ces deux aspects de la recherche intéressent la vie de tous les jours et l'avenir de l'humanité. La priorité donnée actuellement au court terme par le financement sur contrats, l'orientation qui résulte de la suppression de laboratoires industriels amenant les entreprises à faire effectuer dans les laboratoires publics ce qui les intéresse directement, provoque comme conséquence dramatique la mise en concurrence des équipes et des individus. L'ASTS tient à souligner que ce n'est pas la concurrence mais la collaboration et l'émulation qui garantissent le progrès des connaissances et leur assimilation par la société: collaboration entre travailleurs dans la recherche à l'intérieur des laboratoires, collaboration et coopération internationales, collaboration entre chercheurs universitaires, chercheurs des organismes de recherche et chercheurs des entreprises. L'avenir de la recherche, sa fécondité résident dans une vision politique sur le long terme et l'attribution de moyens prenant en compte à la fois les changements du monde et l'intérêt des hommes et des peuples.
Les mesures prises par le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche (LRU, réforme du CNRS et des grands organismes) vont à l'encontre de ces orientations. Elles constituent une véritable régression, assombrissent les perspectives de la recherche française, hypothèquent l'avenir et éloignent encore davantage les citoyens du monde des chercheurs.

Paris, le 11 décembre 2008